Expo / SUIMYAKU - Patrice Balvay et Akira Inumaru

  • 17 janvier au 07 février 2020
  • Vernissage le jeudi 16 janvier à 18h
    Evénement Facebook
  • Galerie 65 de l'ESADHaR, campus du Havre

Suimyaku est un mot japonais, « sui » signifie « eau » et « myaku » la veine.

On pourrait le traduire par « cours d’eau », un cheminement tantôt calme et tantôt chaotique, qui parfois devient souterrain pour mieux ressurgir plus loin.

Suimyaku est un projet de marche qui résonne avec la tradition japonaise dans laquelle le fait d’oeuvrer en marchant est central.

Ainsi, Patrice Balvay et Akira Inumaru ont suivi les lignes bleues des cartes qui mènent vers la mer, comme les lignes bleues qui se dessinent sous notre peau pour rejoindre le coeur.

A deux, ils sont partis explorer les dimensions visibles et invisibles du paysage.

Côte à côte dans leurs pérégrinations puis ensemble, à l’atelier, avec leur propre pratique artistique, ils ont questionné les notions de corps et de nature comme un tout non dissociable.

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La Normandie présente un réseau hydrographique très dense qui se déploie sur près de 55 000 kilomètres. Durdent, Valmont… Patrice Balvay et Akira Inumaru ont suivi quelques unes de ces lignes cartographiées entre Le Havre et St Valery en Caux : des fleuves côtiers s’écoulant le long de paysages boisés, de pâturages et de champs jusqu’aux étendues épurées qui bordent la Manche, imprimant le temps de quelques secondes la belle irrégularité de terrains crayeux et limoneux.

La clé de leur collaboration prend racine dans la continuité du travail à quatre mains d’Hon’ami Kōetsu (1558-1637) et Tawaraya Sōtatsu (actif entre 1600 et 1640), de l’école Rinpa, où empreintes végétales et lignes cursives se combinent. Une collaboration qui apparaît comme une évidence après une première marche d’essai le long de la Durdent, mais aussi un véritable défi tant les deux artistes sont différents dans leur manière de travailler.

Pour chaque dessin, Patrice Balvay engage son corps entier, dans la mémoire de l’expérience physique ressentie au cours de ces marches - “ce qui s’écoule en soi et ce qui se déroule à l’extérieur” - pour que la ligne elle-même guide la main et s’imprime, vivante, sur le papier. Les cours d’eau comme autant de prolongements des veines qui marbrent notre peau. Corps et nature comme un prolongement l’un de l’autre.

L’approche d’Akira Inumaru place la matérialité de la nature au premier plan. Les marches en sont la première étape de création, qui passe par la collecte. Baies, feuilles et branches deviennent outils, jus et pigments de dessins, de gravures, de peintures, de collages.

Tous deux ont une intense pratique du dessin et partagent un même intérêt pour la nature.

Tous deux conçoivent le paysage comme lieu d’immersion et d’inspiration, et les paysages traversés deviennent des expériences du sensible. Et c’est dans le temps de la remémoration, lors de la création de dessins et peintures à quatre mains, à l’atelier, que leurs ressentis entament ce dialogue singulier.

- Alice Michonnet

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Entrée libre dans la limite des places disponibles
Lundi au vendredi de 14h à 18h, sauf jours fériés et vacances scolaires

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Visuel : Sabine Meier

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