ACTUALITÉS DE LA RECHERCHE

Appel à articles pour le troisième numéro de la revue RADIAL 

revue de recherche avec comité de lecture 

ESAM Caen/Cherbourg, ESADHaR Rouen/Le Havre, ENSA Rouen, ComUE Normandie Universités 

FRUGALITE

La notion de frugalité a une histoire longue. On pourrait la faire débuter avec la philosophie grecque dont, par exemple, celle d’Épicure, qui, dans son questionnement sur l’équilibre et le bonheur, s’interrogeait déjà sur les besoins incompressibles de l’homme. Au XIIe siècle, dans l’occident chrétien, on voit réapparaître ce type de préoccupations dans l’idéal franciscain, associé quant à lui à un ascétisme radical et volontaire. Plus récemment, la généralisation de la civilisation industrielle, a fait émerger l’idée d’un retour à une vie simple (de Thoreau jusqu’aux théories de la décroissance avec Jacques Ellul, Ivan Illich, Hans Jonas, etc.).

Actuellement, les questionnements concernant l’impact de l’homme sur son environnement occupent une place prépondérante au sein des débats. Des menaces dues au réchauffement climatique, jusqu’aux diagnostiques dressés par les théoriciens de l’anthropocène (William, Ruddiman, Bruno Latour, Isabelle Stengers, etc.) ou du thanatocène (Jean-Baptiste Fressoz, Christophe Bonneuil, etc.), l’ensemble des champs politiques et sociaux − auxquels les artistes ne sont pas étrangers − semblent parcourus par cette préoccupation. Toutes ces questionnements semblent engager notre capacité à réagir dans un contexte de capitalisme globalisé, dans un monde que d’aucuns déclarent « fini ». Alors se sont développées des tentatives de réponses individuelles et collectives afin de contrer ce sentiment. Le champ de l’art ne semble pas en reste : nombre de manifestations proposent de s’interroger sur les bouleversements du monde ainsi que sur les postures à adopter.

Mais alors qu’en est-il du champ artistique ? De quelles manières les artistes (plasticiens, architectes, écrivains, graphistes, etc.) parviennent-il à s’emparer de cette question ? Comment réussissent-ils à faire coïncider leurs pratiques avec les nouvelles exigences de frugalité ?  

Voici quelques axes de réflexion :

-          Peut-on parler d’une esthétique de la frugalité (formes, contextes, idéal, etc.) ?

-          À l’heure d’une circulation massive des images, peut-on penser des formes inédites de frugalités visuelles ?

-          Comment l’idée de frugalité est-elle traitée par les artistes actuels (art contemporain, architecture, littérature, cinéma, etc.) ?

-          Architecture de crise. Comment les architectes et les artistes conçoivent ou imaginent-ils des modèles d’habitations précaires destinés aux zones de crises ? L’idée de frugalité est-elle compatible avec celle d’espace urbain ? Existe-t-il des moyens frugaux d’habiter le monde ?

-          Des utopies peuvent-elles s’accommoder − voire souhaiter − la frugalité. Le principe de frugalité (de l’humanité, d’un modèle économique ou politique, etc.) est-il inhérent aux conceptions contemporaines des utopies ?

-          Survie et frugalité : faut-il penser un paradigme post utopique qui induirait la frugalité ou la survie ? Ces deux notions sont-elles nécessairement liées ? L’idée de survie et/ou de frugalité est-elle liée aux sociétés d’abondance (alternative, utopie, devenir…) ?

-          Y’ a-t-il un paradoxe à parler de frugalité dans un monde de l’art régulièrement associé à l’industrie du luxe et/ou du loisir ? Quelles sont ou quelles pourraient être les modalités ou les conditions rendant possibles  des systèmes frugaux dans le monde des arts ?

-          La frugalité peut-elle faire l’économie de la critique du capitalisme ?

-          Survie et fiction : à quels imaginaires participent les récits contemporains de la frugalité ? Existe-t-il des liens entre les récits de frugalité volontaire et ceux de frugalité contrainte dans la fiction (romans, films, jeux vidéos, etc.) ? Comment interpréter le récent succès populaire des œuvres traitant de survie (par exemple, les films, séries ou jeux vidéo se déroulant dans un univers d’invasion zombie).

-          Peut-on tracer des liens entre les récits de la catastrophe et l’idée de frugalité ?

-          Dans quelles mesures l’idée de frugalité peut-elle rejoindre les récits de l’effondrement et la fascination contemporaine pour la catastrophe (collapsologie, anthropocène, etc).

-          Comment envisager la frugalité en lien avec les outils et les usages numériques ? Ces deux notions sont-elles compatibles et sous quelles conditions ?

Les propositions devront nous parvenir avant le 15  avril 2020, sous la forme d’une problématique résumée (5.000 signes maximum, espaces compris) accompagnée d’une courte biographie, adressée par courriel à maxence.alc@gmail.com

 

Les textes finaux (entre 15.000 et 40.000 signes) ou les propositions plastiques seront à envoyer avant le 30 juin 2020 pour une publication fin 2020.

 

La revue Radial fait prioritairement appel aux chercheurs des disciplines susceptibles d'être concernées par les domaines suivants : esthétique, arts plastiques, architecture, création littéraire, design graphique, cinéma, etc.

 

La revue Radial est une revue de recherche à comité scientifique du RADIAN (Recherche, Art, Design, Innovation, Architecture en Normandie), initiative conjointe de l’École Supérieure d’Art et Design Le Havre-Rouen (ESADHaR), l’École Supérieure d’Arts & Médias de Caen/Cherbourg (ésam), l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie (ENSA) et l’École doctorale 558 « Histoire, Mémoire, Patrimoine, Langage » (HMPL). Chaque numéro s’organise autour d’une thématique et de varias, le design graphique de chaque numéro est confié à un designer graphique différent.

Le premier numéro consacré est disponible au format pdf à https://esadhar.fr/sites/default/files/documents/radial.pdf

Directeurs de publication : Aurnaud François (ENSA Rouen), Antoine Idier (ésam Caen/Cherbourg), Marie-Josée Ourtilane.

Rédacteur en chef : Maxence Alcalde (ESADHaR)

Comité de rédaction : Sonia Anton (Université Le Havre Normandie), Laurent Buffet (ésam Caen/Cherbourg).Dominique Dehais (ENSA Rouen), Helen Evans (ESADHaR).