QUESTIONS A CLAUDE MEDIAVILLA

Pourquoi êtes-vous devenu graphiste ?

Répondre à cette question revient à évoquer les débuts de mon parcours artistique.
Passionné dès l’enfance par les thématiques du dessin et de la couleur, j’attends de terminer mes diplômes classiques pour enfin pouvoir accéder à l’École des Beaux-Arts… où je m’inscris en peinture et architecture. Ce n’est que par un singulier concours de circonstances que je découvre l’art graphique au sein de cette École, et notamment au « Scriptorium » de Toulouse… atelier supérieur où l’on dispense un enseignement spécialisé approfondi : typographie, calligraphie, paléographie. Au Scriptorium en effet, on applique des méthodes de travail peu connues en France qui pourtant, ont fait le succès de certaines grandes écoles à l’étranger.

Présentez-nous votre projet pour cette édition 2020.

L’exposition présente pour la première fois au Havre mon travail graphique et typographique dont l’essentiel est associé à mes recherches sur les formes de l’écriture.
C’est pour moi l’occasion de me plonger dans mes archives, et de les ouvrir à Sonia Da Rocha, qui a imaginé cette exposition.
Elle a proposé de regrouper différents projets selon quatre thématiques qui structurent la visite : la recherche et la pédagogie, la pratique de la calligraphie, la création typographique, les lettrages ou logotypes.
L’aspect qui concerne la recherche et la pédagogie constitue le fil conducteur de l’exposition. Il est présent à travers les planches d’alphabets latins calligraphiés qui ponctuent l’espace de la galerie (planches sérigraphiées par Yann Owens pour l’occasion en grands formats). Elles sont issues des ouvrages Calligraphie et Histoire de la calligraphie française, (les planches d’alphabets présentées dans ces ouvrages constituent en outre, des documents de référence à l’usage des professionnels ou des amateurs avertis). L’exposition, permet à cet égard, de découvrir quelques documents originaux.
La partie consacrée à la calligraphie offre un aperçu de mon travail de recherche, en pratique, sur l’histoire de l’écriture grâce à des exemples de reproductions historiques au plus près des méthodes et outils originaux (vélin, parchemin papyrus, encres et pigments…).
L’espace consacré à la typographie et aux logotypes témoigne de la réalité du métier de graphiste et de dessinateur de caractères. La présentation de ces documents d’archive reflète les étapes d’une commande, la vie de l’atelier, les rapports entre le créateur et les clients.
L’exposition montre donc aussi l’évolution technique de ces métiers, au travers d’une sélection faite parmi 40 ans d’archives.