ACTUALITÉS DE LA RECHERCHE

Appel à articles pour le deuxième numéro de la revue RADIAL 

revue de recherche avec comité de lecture 

ESAM Caen/Cherbourg, ESADHaR Rouen/Le Havre, ENSA Rouen, ComUE Normandie Universités 

En vue de la parution fin 2019 du deuxième volume de la revue RADIAL, le Labo Voir (ESADHaR, Rouen) accueille des propositions d’articles soit liés au dossier thématique « L’image sans qualités » (voir descriptif ci-dessous), soit liés à des recherches actuelles, originales et inédites sur les arts, destinés à la rubrique « Varia ». 

Les articles, d’une longueur maximale de 25 000 signes (espaces, notes et bibliographie compris), sont à envoyer au plus tard le 1er juin 2019 à tania.vladova@esadhar.org 

Une proposition d’article de 3000 signes maximum (titre et espaces compris) peut précéder l’envoi de l’article. 

Pour les normes de rédaction, voir https://journals.openedition.org/imagesrevues/1534#tocto1n3 

L’image sans qualités 

Force est de constater qu’aujourd’hui l’omniprésence du discours sur l’image en sciences humaines et sociales n’est plus à l’ordre du jour comme elle a pu l’être il y a une trentaine d’années. Après quelques décennies de véritable effervescence intellectuelle autour de la force heuristique de l’iconique, de la culture visuelle, du monde du visible, les enjeux semblent se déplacer. Si la problématisation artistique de l’image, sa fabrique et ses pratiques restent d’actualité, on observe un retour, sans doute nécessaire, à la matérialité des oeuvres, à la consistance des objets. 

Le tournant iconique passé, notre regard sur les images a-t-il été fondamentalement modifié ? Les regardons-nous et les fabriquons-nous différemment ? Si les grandes oeuvres de la tradition artistique, les images qui fascinent et transportent, valorisées et prisées de tout temps, n’ont rien perdu de leur puissance, une des conséquences, à long terme, de ce tournant iconique pour notre culture a été la valorisation des images « sans qualités ». Qu’en est-il des images non-artistiques ou des images ordinaires, banales, voire ennuyeuses ou bien volontairement dégradées, jouant sur l’erreur de production ou de génération numérique ? Qu’en est-il donc des images sans caractéristiques apparentes ou sans caractère propre si l’on reprend la traduction littérale de l’allemand « Eigenschaften » le terme utilisé par Robert Musil dans son célèbre roman inachevé ? Mais si l’on admet l’hypothèse de l’importance artistique de ces images sans qualités - qu’il faudrait sans doute définir avec plus de précision -, qu’est-ce qui validerait alors l’intérêt d’une image ? La valorisation et les usages des images non artistiques, banales, inintéressantes au premier abord, a-t-elle modifié notre façon de fabriquer et de regarder les oeuvres d’art et même plus, le monde autour de nous ? Comment penser la bonne image aujourd’hui ? Peut-on affirmer que la valorisation des images sans qualités déplace le questionnement ontologique sur l’image vers son rôle de médiateur, d’objet qui véhicule des savoirs questionnant autre chose que les images elles-mêmes ? Bien que cette question de la dépendance de l’image d’un contexte ait été soulevée dès les débuts de la photo, par exemple (une photo est « impure » par essence), l’intérêt pour les photos « sans caractère propre » ne vient-il accentuer cette tendance ? Existe-t-il un au-delà de l’iconique, une transcendance iconique ou tout simplement une sortie de l’image ? Autrement dit, au-delà des paradigmes de l’absence présente (mythe de Dibutades), du simulacre (Platon) ou de la double nature de l’image (la twofold vision de Wollheim), doit-on aujourd’hui sortir de l’image pour y trouver de l’intérêt ? Et si sortie il y a, serait-elle un retour vers la matérialité des oeuvres, ou vers le verbe, vers le texte, vers les nouvelles technologies ou vers une association de l’image avec autre chose (contexte, légende, ou autre) ? 

Ou bien une fuite en avant, vers des territoires inconnus ? Nous nous proposons de prolonger et de poursuivre, dans le deuxième volume de la revue Radial, les débats autour de ces questions, entamés lors du colloque international « L’image sans qualités » (Rouen, janvier 2018). 

Quelques pistes pour les contributions : 

1- Images sans qualités: une anti définition  

2- Art et images sans qualités 

3- Images sans qualités : techniques, contenus, diffusion 

4- Du jugement esthétique à l’heure des nouvelles technologies et des réseaux sociaux 

5- La bonne image aujourd’hui 

6- Existe-t-il un au-delà de l’iconique, une transcendance iconique ? 

7- Perspectives pour une sortie de l’image