IMAGE & SAVOIR

En décembre 2016, Colette Hyvrard et Tania Vladova ont participé avec des contributions au colloque international « Image et savoir ». Co-organisé par l’Université de la Réunion et l’Ecole Supérieure d’Art de la Réunion, le colloque a eu lieu à Saint-Denis, la Réunion.

 

Volet 1 : Heuristique scientifique et création artistique

« Invention, sérendipité, improvisation »

Tania Vladova

La question de l’heuristique, de la « trouvaille », de l’émergence du nouveau et de l’imprévu a de tout temps accompagné aussi bien les sciences que les arts. Elle ponctue par exemple avec une force exemplaire les grandes découvertes scientifiques, dont une bonne part reste gravée dans la mémoire des générations futures telle une image marquante (la baignoire d’Archimède, la pomme de Newton, le chien de Pavlov, la découverte d’Amérique par Christophe Colomb). Ces images ont certes un rôle pédagogique et mnémonique, mais elles se démarquent aussi par le fait qu’elles condensent une temporalité singulière : le moment précis où la nouveauté est perçue et reconnue. La sérendipité, liée au départ aux découvertes scientifiques et dont le potentiel est de plus en plus fréquemment convoqué dans le domaine des arts, a précisément à voir avec cet instant de reconnaissance, avec la situation où l’on réalise tout d’un coup qu’on est face à une configuration inédite. L’exposé explore la temporalité particulière de prise de conscience et de reconnaissance de la nouveauté représentée en image. Il s’agit d’examiner, à l’aide d’exemples provenant principalement des sciences et des arts, et des acquis de ce qu’on nomme, depuis un célèbre débat entre W. J. T. Mitchell et Gottfried Boehm ayant eu lieu au début des années 1980, pictorial turn ou iconic turn, le rôle cognitif et la surprenante temporalité de l’image comme opérateur de l’émergence du nouveau. Entre le mythe de l’invention facile et la réelle complexité de l’instant de reconnaissance de l’inédit, sera ainsi questionnée la porosité de la frontière qui sépare l’art et la science.

 

Volet 3. Hybridité et réversibilité de l’image et du savoir.

« Mur d’images : une nouvelle forme de discours ? »

Colette Hyvrard

De nombreux artistes utilisent aujourd’hui des images d’archives dans leur travail et les associent selon différentes modalités et au moyen de différentes techniques.

Ces « artistes iconographes» selon un article paru dans Art 21 (Chabert Garance, Moles Aurélien, Artistes iconographes, Art 21 n°25, hiver 2009/2010), créent de nouveaux types de discours au moyen non plus des mots mais des images.

Pierre Leguillon, Céline Duval, Batia Suter, Camille Henrot, Thomas Hirschorn ou Laurent Dejente associent sur les murs des salles d’exposition des images, et parfois des objets et des volumes ou du son. Ces installations peuvent se développer de manière potentiellement illimitée comme dans le cas des installations de Georges Adeagbo, cet artiste béninois qui associe de multiples objets, images, coupures de presses de différentes origines.

A travers l’analyse des œuvres de plusieurs artistes contemporains, nous chercherons à mettre en relation ces formes contemporaines avec la notion de discours définies par Michel Foucault dans « L’archéologie du savoir ».

Nous analyserons en quoi ces nouvelles formes de « discours » sont porteurs de savoir, à travers une mise en perspective de l’héritage de Aby Warburg, mais aussi en quoi leur mise en forme est à chaque fois singulière, expression de la démarche personnelle de l’artiste. Nous étudierons aussi la place du spectateur/lecteur, en nous interrogeant notamment sur l’ambivalence de l’espace qui lui est proposé : à la fois globalisant et non didactique.

 

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