UN DOCTORAT DE RECHERCHE ET CREATION EN NORMANDIE

UN DOCTORAT DE RECHERCHE ET CREATION EN NORMANDIE

 

 

Les accords de Bologne, ratifiés en 1999, ont conduit à la mise en œuvre du schéma LMD (licence-master-doctorat) pour l’enseignement supérieur européen. Dans ce cadre, les écoles supérieures d’art françaises ont connu des évolutions importantes qui ont permis la reconnaissance au grade de Licence ou de Master des diplômes qu’elles proposent (DNA et DNSEP). 

 

Aujourd’hui l’enjeu pour les écoles supérieures d’art repose sur la mise en œuvre d’un doctorat qui soit en phase avec leur identité et leur pédagogie. 

 

 

Recherche et pédagogie en écoles supérieures d’art

 

La pédagogie des écoles supérieures d’art repose sur un double mouvement : d’une part la maîtrise de connaissances théoriques et culturelles dans les domaines de l’histoire et de l’actualité de l’art, de l’esthétique, de la sémiologie de l’art. D’autre part l’approche sensible et l’acquisition des savoirs techniques qui mènent à la création et à la production de formes plastiques. La recherche portée par les écoles supérieures d’art relève de cet aller-retour. Il s’agit d’une démarche de recherche-création, qui allie rigueur intellectuelle et pratique sensible. Elle a pour ambition d’engager une approche d’investigation en considérant que la pensée peut être produite par d’autres médias que l’analyse écrite seule et trouver son expression dans la création artistique en art, en design, en création littéraire, en architecture et dans les formes hybrides.

La thèse de doctorat-création qui s’inscrit dans un cursus artistique devra ainsi consister en une œuvre nourrie d’un appareil critique et théorique. La création est au centre de la thèse et la forme constitue un enjeu essentiel de recherche.

 

Ce postulat est assez éloigné de l’orthodoxie d’une thèse universitaire. Aussi beaucoup d’écoles supérieures d’art ont préféré développer leur propre modèle sous la forme de diplômes d’écoles, redoutant la frilosité de l’université devant un modèle innovant qui envisage la recherche en art par la pratique et place l’oeuvre et le processus de création au cœur du travail de l’artiste-chercheur.

 

 

La France en retard

 

Pourtant, bien d’autres pays ont permis le développement de troisièmes cycles alliant recherche et création. La Grande-Bretagne, la Belgique, le Canada ont mis en œuvre des PhD de recherche-création sur la base d’une double articulation du suivi des chercheurs entre les écoles d’art et les universités. Il en résulte que la France prend du retard dans l’élaboration d’un troisième cycle de recherche en art à même de recevoir une validation européenne au grade de Doctorat.

 

Le seul exemple en France d’un doctorat de création est le programme doctoral SACRe (sciences, arts, création, recherche). Il est le fruit de la coopération entre l’Ecole Normale Supérieure et les cinq grandes écoles parisiennes supérieures de création (Conservatoire National d’arts dramatiques, conservatoire national musique et danse, école nationale des Arts Décos, Beaux-Arts de Paris, Fémis), réunis au sein de Paris Sciences et Lettres Research University (PSL).

 

 

La Normandie aux avant-postes de la recherche–création

 

En Normandie, les deux écoles supérieures d’art, l’ésam (Caen/Cherbourg) et l’ESADHaR (Rouen-Le Havre), ont rejoint la ComUE Normandie-Université en tant que membres associés en décembre 2017. Le troisième établissement supérieur relevant de la tutelle pédagogique du ministère de la Culture, l’école nationale supérieure d’architecture de Normandie (Ensa), fait partie des membres fondateurs de Normandie-Université. 

 

L’ésam et l’ESADHaR ont proposé à la ComUE de créer un Doctorat de Recherche et Création d’un nouveau genre. Celle-ci en a saisi l’opportunité : le 18 avril 2018, le Conseil des membres de l’école doctorale « Histoire, Mémoire, Patrimoine, Langage » (ED HMPL 558) émettait un avis favorable à ce projet porté par les deux écoles supérieures d’art. Le 24 avril, le Conseil des écoles doctorales de la ComUE Normandie-Université confirmait cet avis. Le 25 juin 2018, le conseil académique de la ComUE entérinait officiellement l’ouverture de ce doctorat unique en son genre. 

Au niveau national, ce Doctorat représente en effet une innovation considérable pour la région Normandie car il est le seul en France avec SACRe à conjuguer une démarche de recherche et création artistique, qui allie rigueur intellectuelle et approche sensible. 

 

 

Création d’un Pôle Culture au sein de la ComUE

 

L’ésam, l’ESADHaR et l’ENSA travaillent à créer ensemble un Pôle Culture au sein de Normandie-Université. Ce Pôle Culture, véritable interface culture-enseignement supérieur, constituera la base sur laquelle reposera ce doctorat. Le partenariat entre les trois établissements de ce Pôle se concrétisera dès la rentrée de septembre-octobre 2018 avec la création de l’Unité de Recherche « RADIAN ».

 

 

RADIAN

Recherche - Art - Design -Innovation - Architecture - Normandie

 

RADIAN constituera, à terme, la quatorzième Unité de Recherche de l’école doctorale HMPL. Elle réunira les chercheurs de l’ésam, de l’ESADHaR et d’une partie des chercheurs de l’ENSA. Cette nouvelle Unité de Recherche qui accueillera les doctorants des trois écoles bénéficiera d’une revue de recherche annuelle intitulée RADIAL qui réunira les fruits de la recherche de cette Unité et des appels à contribution.

 

 

Trois doctorants par an seront recrutés, dès septembre 2018, pour une durée de trois ans, soit en vitesse de croisière neuf artistes doctorants inscrits dans ce troisième cycle.

 

 

Conditions de candidature

 

Télécharger l'appel à candidature :

appel_a_candidature.pdf